Ma chère Éloïse, aujourd’hui tu fêteras tes 3 ans entourée de tes grands-parents, de tes cousins et de tes oncles et tantes. Tu es devenue une petite fille très autonome qui veut faire toute seule et qui nous répond au moins une fois par jour « je suis capable ». Tu es une petite fille drôle, souriante et toujours de bonne humeur. Tu as parfois tes sautes d’humeur, mais il paraît que c’est normal pour une bambine qui découvre ses émotions. Nous essayons de t’accompagner au mieux chaque jour. Tu es d’humeur constante et tu respires la joie de vivre. Tu es aussi un petit clown qui aime faire des concours de niaiserie avec ton Papa. Tu es aussi une petite fille pleine de compassion. À la garderie, tu n’aimes pas quand un de tes petits camarades pleure et tu cours le consoler. Tu es encore une petite fille proche de sa maman. L’allaitement nous a donné une complicité particulière et je l’avoue, j’aime toujours autant ces petits moments rien qu’à nous.

Continue de grandir à ton rythme et de découvrir ton monde. Si je pouvais te donner un conseil ? Conserve ta bonne humeur et ta joie de vivre. Elle te sera un atout chaque jour, car tu ne t’en rends peut-être pas compte encore, mais tu donnes le sourire à tout le monde avec la joie que tu dégages.

Grandis, prend ton temps, découvre ton monde, nous serons toujours là à côté de toi, derrière toi ou devant toi, selon l’aide que tu voudras recevoir. Je t’aime ma Tchoupi des îles. Et à ton Papa, je voudrais aussi lui dire, je t’aime mon Pimou.

Éloïse, Charlotte, Athéna tu t’es finalement annoncée avec une semaine de retard, doucement dans la soirée et la nuit du 9 au 10 août. J’ai un peu dormi, mais l’excitation m’a quand même tenue éveillée quelques heures dans la nuit. J’ai lu, j’ai marché, j’ai pris un bain pour finalement me recoucher dans les bras de ton papa tôt le matin en lui glissant à l’oreille qu’il n’irait pas travailler ce jour-là. On a profité de cette dernière journée à deux, avec un bon petit-déjeuner.

Puis le travail a commencé véritablement vers midi, mais nous avons poursuivi tranquillement notre petite vie à la maison entre yoga, ballon, marche, lecture et repos. Mon accompagnante prenait régulièrement de nos nouvelles. J’ai même fait une sieste réparatrice en plein milieu de l’après-midi, mais au réveil, une contraction m’a clouée au lit, juste le temps de dire, cette fois, on part pour la maternité.

Bien sûr, tu as choisi le seul jour pluvieux de l’été pour naître, j’ai cru que le trajet en taxi n’en finirait plus sous cette pluie battante et avec cette tempête de contractions. Arrivés à l’hôpital, les infirmières nous envoient immédiatement dans notre chambre, que nous ne quitterons que 36 heures plus tard en ta compagnie.

L’infirmière m’examine et m’annonce que j’en suis à 8 et plus. Je me suis mise à pleurer : je redoutais tellement la péridurale, que lorsque je comprends qu’il est trop tard, je suis heureuse d’avoir pris notre temps à la maison. Le travail continue de plus en plus rapidement et à peine une heure plus tard, la médecin me propose de me percer les eaux le temps que le travail finisse. Ton papa est là, à mes côtés, Dominique notre accompagnante veille discrètement à ce que tout se déroule selon nos désirs. Ensuite, tout s’est très vite accéléré, l’équipe médicale est arrivée pour l’accouchement. Je me souviens d’avoir vaguement vu la médecin toute bien habillée enfiler sa blouse. J’ai du faire une blague – parce que j’ai le souvenir d’entendre Benoît rire après moi – parce que la seule chose qui m’a inquiétée c’est, il est quelle heure ? Naîtras-tu le 10 ou le 11 (il est tard, il est 22 h)?

Ta naissance a tout de même pris une heure et demie, mais ton papa a été présent tout le long, mais quand tu t’es décidée à montrer le bout de ton nez, tu t’es décidée d’un coup, bien que je n’étais pas anesthésiée, je n’ai pas sentie le moment de naissance. C’est ton papa qui t’a attrapée, qui t’a posée sur mon ventre et qui a coupé ton cordon. À partir de cet instant, je n’ai comme souvenir qu’une paire de grands yeux noirs qui me regardaient intensément et qui pleuraient. À ce moment-là, nous nous sommes enfermés tous les trois dans notre bulle, plus rien ne comptait autour de nous, tu étais devenue en l’espace de quelques secondes le centre de notre univers. Tu es née à 23 h 45, ce 10 août 2012.