amours-au-lait

C’est la semaine mondiale de l’allaitement maternel et comme chaque année, je n’y suis pas insensible. Maman d’une troizans toujours allaitée et maman d’une troizans qui tient encore très fort à ces petits moments, et je l’avoue, en tant que maman, j’y tiens encore beaucoup. Nous aimons ces petits moments rien qu’à nous.

On ne se retrouve pas du jour au lendemain à allaiter un bambin qui marche, qui mange, qui a des dents, qui parle… / Véro, 1 825 jours d’allaitement

Ou encore Andrée-Anne qui ne savait pas par où commencer pour parler d’allaitement à des futures mamans dans un cours prénatal : « j’ai passé l’après-midi à me demander comment je pourrais trouver la meilleure façon de leur jaser d’allaitement : pas les convaincre, juste leur jaser. Et j’ai décidé de commencer par….la fin. Mais, la fin chez nous, c’est 39 mois d’allaitement! » Je suis entourée d’amies qui aillaitent, qui ont allaité, longtemps, pas longtemps, plus ou moins longtemps, et oui, cela m’a encouragée et aidée.

Allaiter : toute une aventure

Notre histoire d’allaitement à Éloïse et moi, c’est NOTRE histoire. Des débuts difficiles, une téterelle, un bébé qui à un moment donné ne grossissait pas assez, un frein de langue détecté au bout d’un mois, puis la découverte d’une gloutonne, l’apprentissage d’un allaitement qui parfois fait mal, qui fatigue la nuit, mais l’apprentissage aussi de trucs pour contourner ces désagréments et finalement allaiter en dormant, allaiter pendant une sieste conjointe, le cododo à deux, à trois – à quatre avec le chat qui veille – puis se réveiller un matin et découvrir près de deux mois plus tard que finalement, tout se fait à merveille, que l’on n’a plus mal, que l’on dort tous, que l’on se câline et que tout le monde se porte pour le mieux. Alors oui, mon allaitement n’a pas été simple au départ, mais je ne le regrette pas.

Allaiter  [alεte] – Nourrir de son lait un nouveau-né.

J’ai surtout eu la chance d’avoir de formidables conseils de celles qui sont devenues depuis des amies  – Véro, merci – d’avoir été aiguillée vers une infirmière conseillère en allaitement très rapidement et qui a su m’orienter immédiatement pour régler un frein de langue, une voisine en or – Geneviève – qui me déposait des fournées de biscuits chauds sur le pas de la porte et surtout d’avoir le chéri le plus présent au monde, qui malgré mes larmes parfois, n’a pas jamais rien dit. Un bisous dans le cou au début d’une tétée difficile, une petite caresse sur l’épaule, juste ce qu’il fallait pour ne pas abandonner. À vous tous et ceux que je ne cite pas, je vous dis merci.

L’allaitement est une de mes fiertés de maman, non pas dans le geste uniquement, mais aussi pour toute la facilité que cela nous a apportée ensuite : pas de biberon à transporter, du lait toujours disponible et à température, des voyages plus faciles et des dodos qui recommençaient plus vite dans la nuit, sans compter tous ces réveils collés-serrés le matin. Aujourd’hui ma bambine dit haut et fort qu’elle sera TOUJOURS allaitée, mais certaines tétées s’espacent davantage. On a – et on a eu – toute sorte de tétées : pour manger, pour boire, pour se câliner, pour se réconforter, pour vérifier que maman a toujours du lait, pour vérifier que maman est toujours là, pour jouer, pour se coller, pour s’endormir, pour calmer une crise…

Alors oui, je manque cruellement de temps pour être marraine d’allaitement, mais j’essaie d’aider mes amies nouvelles mamans de par mon expérience, comme je le peux, avec mes outils, juste pour qu’elles ne se sentent pas seules, parce que oui, on doute souvent quand on est maman.

Hommage aux mamans des « Amours au lait » – 2013

Et dans tout cela, en 2013, durant mon congé de maternité, j’ai eu l’idée de me lancer dans un projet fou : réaliser des portraits d’allaitement, de tous âges, en solo, en duo, avec des jumeaux, un bambin, un nouveau-né. Cette série, Les Amours au lait, réalisée en studio photo par mes soins, a vu le jour grâce à l’aide de Véronique et d’Andrée-Anne, et avec l’appui d’Espace-famille Villeray qui ont activé leurs réseaux pour trouver des mamans qui embarqueraient dans le projet. Bien évidemment, il y a eu aussi les amies en congé en même temps que moi qui ont embarqué, mais sans l’appui et le soutien d’aucune d’entre-vous, ce projet n’aurait jamais vu le jour et n’aurait jamais été exposé.

Au travers de cette série « Les Amours au lait », il s’agissait de souligner différents visages de l’allaitement, du nouveau-né au nourrisson, du bébé au bambin, du bambin au gamin, et même de l’allaitement partagé. Instant privilégié entre maman et bébé(s)/bambin, ces pauses ne leur appartiennent qu’à eux seul(e)s, comme une parenthèse dans leur petite vie.

Je vous laisse découvrir quelques extraits des Amours au lait, mais je vous invite surtout à découvrir le projet au complet sur mon portfolio photo. Et un peu plus de deux ans plus tard, quand je regarde tous ces beaux portraits, j’aurais presque envie de recommencer avec de nouveaux bébés, mais cette fois-ci, dans le cadre douillet de leur maison. Peut-être que je vais y penser à des Amours au lait #2

Si j’avais un conseil à vous donner? Ce serait, si vous désirez allaiter, de vous entourer et pourquoi pas de penser à une marraine d’allaitement. Et pour finir, vous savez-quoi? Aujourd’hui, je me rends compte qu’allaiter, c’est aussi zéro déchet !