Alexandre le grand

Suite et fin de notre petit périple en Macédoine. Après une journée à Thessalonique, il nous fallait jouer aux véritables touristes-archéologues en herbe et mettre nos pas dans ceux d’Alexandre le Grand. En effet, Alexandre le Grand, macédonien, est né à Pella, cité à l’ouest de Thessalonique, dans les terres. Fils de Philippe II et d’Olympias, son nom est célèbre aujourd’hui et respecté dans toute la Grèce, mais encore plus dans cette région dont il est originaire.

Ainsi, nous avons profité pour découvrir quelques uns des sites majeurs de Macédoine : tout d’abord, la cité de Pella, qui s’étend sur plusieurs hectares, mais dont malheureusement il ne subsiste que peu d’élévations. Par contre, le décor des maisons a été mis au jour, avec de nombreuses mosaïques, non pas en tesselles de verre, mais en petit galets. J’aurais bien les photos de deux très célèbres mosaïques retrouvées dans la maison de Dionysos, grande demeure s’étendant sur près de 3000 m², mais comme celles-ci sont exposées au musée et que celui est fermé car en cours de déménagement vers le nouveau musée, et bien, même en pleine saison estivale, c’est fermé ! Tant pis…

Ensuite, direction Édessa, à une cinquantaine de kilomètres. Edessa est une ville d’eau. De nombreux ruisseaux, canalisés dans des canaux, parcourent la ville, installée en haut d’une falaise, puis se rejoignent en cascades pour alimenter l’ensemble de la plaine se trouvant en contre-bas.

À la grande différence du Péloponnèse ou de l’Attique, la Macédoine m’a agréablement surprise, d’autant plus en pleine été, puisque la région est extrêmement verte. Les cultures sont nombreuses, des fuits (pêches, nectarines, prunes, agrumes) aux cultures vinicoles, notamment dans la région de Naoussa, grande région productrice de vin.

La Macédoine est vraiment une région peu prisée des touristes, même en plein été. Il faut avouer que les sites archéologiques, hormis celui de Vergina, ne sont pas aussi célèbres que ceux du Péloponnèse (Épidaure ou Olympie). Ainsi, ce n’est pas une destination de choix, ce qui est d’ailleurs agréable, car le tourisme de masse est loin. On croise plus facilement un tourisme balkanique et donc plus familiale. La Macédoine propose donc une toute autre facette de la Grèce et c’est ce qui en fait grandement son charme.

Mais n’ayant pas décidé de nous éterniser, nous poursuivons notre route en direction de Vergina, en faisant d’autres escales. La première : Lefkadia pour ses tombes macédoniennes. Quatre tombes ont été mises au jour : deux sont visitables, une est fermée pour restaurations et la dernière n’est visible que de l’extérieur. Première rencontre avec un tumulus funéraire macédonien. Les princes faisaient ensevelir leurs restes dans des chambres, véritables constructions avec des façades architecturales recherchées, mais aussi et surtout peintes. La tombe de Kinch (ci-dessous) est celle qui présente le moins de restes : il faut imaginer que des grandes portes en marbre, actionnées par des gonds en bronze, fermaient l’entrée. C’est d’ailleurs la quasi absence de décors qui fait que la tombe n’est pas protégée par une construction moderne, à température et hygrométrie régulées.

Deux autres tombes sont à voir : celle du Jugement et celle des Palmettes. Nous n’avons pu voir que la première et l’interdiction de photographie m’a légèrement frustrée. Un aperçu de l’allure générale avec la tombe des palmettes. Mais la façade n’était rien, des peintures se trouvaient également à l’intérieur de la chambre funéraire. Le tout était ensuite recouvert d’un tumulus de terre.

Première forte impression : une belle découverte ! Y a pas à dire, ça fait toujours quelque chose que de voir pour la première fois un lieu dont on a entendu longuement parlé que ce soit en cours, ou dans les livres. Ensuite, direction plus bucolique dans les vignes de Naoussa, en direction de Mieza pour voir l’école d’Aristote, que Philippe II avait enjoint à venir à sa cour pour parfaire l’éducation de son fils, Alexandre, ainsi que des fils d’aristocrates de la cour. Le site est perdu en pleine nature, mais une fois de plus, c’est calme et sans touriste. Nous avons donc mis nos pas, cette fois-ci, dans l’éducation d’Alexandre. Enfin, nous avons essayé autant que possible, mais Aristote n’est pas toujours facile à suivre !

Enfin, après une pause à Veria pour se restaurer, direction Vergina où nous attendait la visite du tumulus funéraire où a été découverte la tombe de Philippe II. Alors pour couper court, la controverse fait rage entre les archéologues partisans de Manolis Andronicos, qui a découvert la tombe en 1977 (le tumulus funéraire est connu depuis la fin du XIXe siècle) et ceux qui pensent qu’il ne s’agit pas du roi, père de « l’illustre progéniture » (je ne vous rappelle pas de qui je parle !). Cependant, au lendemain de la chute du régime des Colonels, réaffirmer que les Macédoniens étaient des Grecs et que donc Alexandre le Grand était un Grec, je vous épargne les récupérations politiques de cette découverte, mais celles-ci furent parmi les plus considérables de l’histoire de l’archéologie grecque de la seconde moitié du XXe siècle.

Là aussi, les photographies sont interdites, à mon grand regret… Mais voici une idée de la façade de la tombe de Philippe.

Trois tombes furent découvertes et un hérôon : l’indication d’un défunt célèbre, conforta l’identification. Mais d’autres tombes non visitables, sont disséminées tout autour. Le mobilier est extrêment riche : de la vaisselle, de l’armement, des coffrets, des couronnes, des bijoux… j’en passe. On ne peut qu’observer la façade des tombes, mais cela vaut le détour. Je regrette juste l’absence de reproductions plus nombreuses et détailler des peintures qui couvrent les parois intérieures, et que nous ne pouvons voir.

Après, une journée bien remplie, nous avons pris la direction de la mer, Makrygialos où nous avons profité d’une pension avec piscine pour nous reposer, rougir et manger notamment du super bon poulpe ! Bref, les vacances quoi ! Après une journée de repos, nous avons repris la direction d’Athènes avec notre ultime étape macédonienne : la cité de Dion, au pied de l’Olympe.

Célèbre pour son sanctuaire de Zeus, c’est notamment là qu’Alexandre est venu rendre ses hommages aux dieux de l’Olympe avant de partir pour son expédition d’Asie. On lui aurait alors même révélé son ascendance divine… Le site est immense, une fois de plus, comme à Pella et s’entend avec l’Olympe en arrière plan. Ultime étape, agréable selon les endroits car relativement bien ombragé, malgré une chaleur plus que lourde, malgré la fin de journée.

Voilà, après cinq jours d’un programme bien chargé, il nous a fallu rentrer à Athènes. La Macédoine restera un excellent souvenir et une très agréable découverte, d’autant plus que loin des sentiers battus en matière de tourisme. Je suis contente d’avoir enfin pu me rendre dans cette région et je crois que je la recommanderai les yeux fermés.

Par contre, les guides ne parlent que trop peu de cette région et des visites à faire. Je crois que trop vous conseiller de trouver un guide uniquement sur la Grèce du Nord, les Routards et autres parlent à peine de Thessalonique et de Vergina. L’ancienne version du Guide bleu sur la Grèce consacre plusieurs pages à chacun des sites visités, mais ne vous fiez pas aux guides généraux sur la Grèce.

Pour les photos, voici une sélection par ici.