Thessalonique

Suite du séjour en Macédoine. Première étape, Thessalonique, située sur le golfe de Thermaïque. La ville est ouverte sur la mer et s’étend sur les collines environnantes. Deuxième ville de Grèce avec seulement 364 000 habitants, la ville a une taille plus humaine qu’Athènes qui compte elle 3,8 millions d’habitants. Ville antique, fondée en 315 av. J-C par un des généraux et proches d’Alexandre, Cassandre et qui lui donna le nom de son épouse. Installée très tôt par les Romains sur la route vers  Byzance/Istanbul/Constantinople, la ville devint rapidement un point névralgique du commerce.

Intégrée en 1912 au royaume de Grèce, la ville était extrêmement cosmopolite entre la communauté grecque, ottomane et juive, une des plus grandes communautés du continent européens. Elle fut d’ailleurs surnommée la « Jérusalem des Balkans ». La ville, qui compte plusieurs petits sites archéologiques dans son centre s’étend entre le front de mer et les flancs de montagnes. La Via Egnatia ou Odos Egnatia, l’ancienne voie romaine, traverse la ville de part en part. Au nord, s’étend sur les flancs, l’ancien quartier ottoman qui a conservé de nombreuses anciennes maisons d’époque ; sûrement l’endroit que nous avons le plus apprécié, après avoir fuis la frénésie du centre où la circulation y est assez désagréable. En même temps, c’est aussi le cas à Athènes au niveau des grands boulevards, car le front de mer et les rues qui en partent, c’est plutôt sympa, même si on ne s’y est pas attardé.

Autant, le secteur autour d’Egnatia est assez désagréable, car ultra bruyant, autant, il suffit de quelques minutes pour se perdre dans la vieille ville et d’y trouver un certain charme et calme. L’atmosphère y est totalement différente de Plaka à Athènes, car le quartier n’est pas vraiment touristique… comme tout simplement, Thessalonique n’est pas très axée sur le tourisme.

Plusieurs choix s’offraient à nous et comme nous avions finalement décidé de se promener et de ne visiter que le Musée archéologique, nous avons bien arpenté les rues. Cette promenade fut des plus agréables car, comme en plus, nous y étions aux heures chaudes – après cinq ans et demi de Grèce, il faut que je trouve le moyen de me balader entre 12h et 16h, alors qu’à Athènes, je proscris les sorties durant ces horaires l’éte ! – et donc, il n’y avait pas un chat dans les rues.

L’empereur romain Galère (250-311) y élut domicile et construisit de nombreux édifices, ainsi que son palais. De nombreux vestiges de cette époque sont visibles dans la ville, dont la Rotonde et l’Arc de triomphe. À la lecture de son nom – Galère – je vous laisse deviner ce qui a fait rire Benoît toute la journée… Il m’a donc bien fallu immortaliser une pause-pose devant l’arc de Galère ! Mais la ville est aussi célèbre pour ses nombreuses églises d’époque byzantine, à l’architecture en coupole et en briques particulières. L’occasion de réviser des vieux cours de première année de fac d’architecture byzantine.

Thessalonique est donc une ville multi-facettes, cosmopolite qui ne nous a pas laissé une impression désagréable. Nous n’avons pas eu l’occasion de nous perdre dans le vieux marché, mais le peu traversé avait un goût d’épices. De même, nous n’avons pas eu non plus le temps de visiter le musée de la ville, installé dans la tour blanche, faisant face à la mer (pas de photo non plus de la tour, faute de grand angle encore).

Mais Thessalonique est aussi la capitale de la région de Macédoine, et les Grecs n’oublient pas de le rappeler fièrement. Ainsi, sur une façade d’immeuble, trônait fièrement en toutes lettres la formule « Η Μακεδονία είναι Ελλάδα », signifiant « La Macédoine, c’est la Grèce ». Surmontée d’une étoile à seize branches, symboles de la dynastie des rois macédoniens et de la famille d’Alexandre le Grand, originaire de la région.

L’empreinte d’Alexandre le Grand et de son père, dont la tombe se trouve à Vergina – j’y reviendrai dans un article suivant – est visible dans toute la région et les rappels sont légions. Il est systématiquement rappelé en terme d’héritage. Cet aspect de l’histoire de Grèce, capital pour comprendre la Grèce moderne, fut d’ailleurs une découverte pour moi, car pour le coup, cet aspect est plus que palpable dans la région. Mais, là aussi, j’y reviendrai à propos des sites archéologiques visités. Dans tous les cas, même si nous ne nous sommes pas éternisés à Thessalonique, la découverte fut agréable et couronnée par la visite du Musée archéologique qui nous a fait une forte impression. La suite, au prochaine épisode !