Sur un coup de tête, durant la semaine de relâche, je suis partie pour un deux jours en tête-à-tête avec ma fille, direction Ottawa. Partir sur un coup de tête, c’est partir aussi sans prise de tête. Ces deux jours furent aussi l’occasion d’expérimenter un peu plus loin le zéro déchet en voyage. Et pourquoi pas, en profiter pour voyager de façon minimaliste, même avec un enfant.

Pour nous faciliter la tâche, nous avons tout d’abord opté pour un voyage en train. Chaque fois que cela est possible, j’essaie d’opter pour le transport collectif ou mutualisé. Je n’ai pas le choix du mutualisé puisque nous n’avons pas de véhicule motorisé personnel et que nous sommes abonnés à un service de voitures en partage. Je n’avais pas envie, seule avec ma fille, de devoir gérer le trajet aller-retour en voiture. Le train s’est imposé de lui-même, d’autant plus qu’il s’agissait de la première fois en train pour ma fille. Toute une aventure qui imposait alors des bagages minimalistes.

Un voyage léger et minimaliste

Sachant que nous voulions visiter des musées et nous promener un peu, je ne tenais pas à devoir gérer une valise, même de taille cabine. Un sac à dos par personne s’est avéré amplement suffisant. Pas besoin de prendre trop d’affaires, juste l’essentiel et porter un même kit deux jours de suite ne me pose aucun problème. Mon déodorant est très efficace. J’ai même réussi à glisser dans mon sac mon appareil photo réflex qui est pourtant encombrant.

J’avais donc un sac à dos de type urbain de 20 litres et ma fille avait un petit sac à dos de taille enfant. Ma fille était responsable de porter ses affaires : c’est-à-dire 3 Playmobil, un carnet de dessin avec des feutres (pour l’occuper dans le train), une gourde et deux sacs à collations. De mon côté, j’avais les objets les plus lourds : les vêtements, l’appareil photo, ma gourde, les lunchs du premier jour et la trousse de toilette.

NU Grocery : Ottawa Zéro Déchet

Éloïse chez NU Grocery avec son petit sac à dos

La trousse de toilette était elle aussi minimaliste : nos brosses à dents en bambou, deux petits pots de maquillage reconvertis pour accueillir nos dentifrices respectifs (ma fille n’aime pas le mien à la menthe et moi je n’aime pas le sien à la banane, difficile dans ce cas de mutualiser le dentifrice), un petit savon, un petit pot à sauce reconverti pour la crème pour le visage (j’ai transféré celle que j’achète en vrac) et un flacon d’huile essentielle de palmorosa pour remplacer le déodorant. Aussi simple que cela, comme vous pouvez le voir en photo ci-après!

Prévoir ses lunchs et ses collations

Sachant que nous n’étions donc pas dans des lieux connus, j’avais été prévoyante pour le premier lunch et les collations. J’avais deux sacs de collations variées pour les petites faims en cours de journée, des fruits et des sandwichs. Cette option économique, puisque j’avais préparé le tout avec ce que j’avais dans mon réfrigérateur, m’a permis également d’avoir des lunchs zéro déchet.

Les sacs à sandwichs de La frabrik éco. étaient parfaits. En plus, cela a l’avantage de ne pas peser lourd dans un sac minimaliste.

Avoir un kit de survie zéro déchet

J’ai toujours dans mon sac un kit zéro déchet. Mon sac à vrac en tissu contient un ustensile multifonction (une fork, une fourchette-cuillère), une serviette de table et une paille en inox. Parce qu’avec un enfant, une paille peut s’avérer utile lorsque l’on sort. Cette fois-ci, on y avait ajouté une gourde chacune pour avoir de l’eau. Nous avons pu les remplir dans les fontaines dans les musées ou dans des cafés.

Ottawa Zéro Déchet

J’avais également ajouté une serviette de table supplémentaire pour que nous en ayons chacune une, ainsi que deux sacs à vrac au cas où. Ainsi, nous étions parées pour les repas au restaurant et les pauses-goûter chocolat chaud/thé. Avec ce strict minimum nous avons pu grandement limiter la quantité de déchets produite : la paille du chocolat chaud a été évitée, les serviettes en papier des restaurants ou de l’hôtel également, ainsi que les bouteilles d’eau à l’hôtel. Et oui à l’hôtel, on nous servait en premier choix des petites bouteilles d’eau à usage unique au lieu de carafe d’eau. Il fallait demander spécifiquement pour avoir de l’eau du robinet. À deux, en deux jours, c’est l’équivalent de cinq repas où nous avons pu réduire nos déchets.

Le deuxième jour, j’ai profité de l’option buffet du déjeuner pour faire le plein de collations avec des biscuits et des fruits. C’est d’ailleurs là que j’ai eu mon premier déchet : le papier de cuisson du muffin. Nous avons pu ainsi manger des collations équilibrées sans avoir toujours à dépenser dans une boulangerie. Des économies en prime.

D’ailleurs, la seule pause goûter fut celle du premier jour après une longue visite au Musée canadien de l’Histoire qui s’en est suivi d’une marche de Gatineau au sud de la colline parlementaire pour rejoindre l’hôtel. Nous avons pris une pause pour nous réchauffer au Marché By.

Refuser, c’est être créatif

D’ailleurs, j’ai poussé mes habitudes plus loin au buffet du déjeuner. Nous avions accès à un appareil pour faire des gaufres. La pâte était dans un distributeur et des petites coupelles en plastique jetables étaient à disposition pour obtenir la quantité nécessaire pour la cuisson. Bien évidemment, ces coupelles étaient à usage unique.

Je suis donc allée prendre un verre réutilisable au buffet et j’y ai mis la quantité de pâte nécessaire. Mes gaufres étaient très réussies même en n’ayant pas suivi les instructions à la lettre. Refuser, c’est surtout faire preuve d’observation et de créativité.

Durant ces deux jours, nous aurons finalement produit 4 déchets : 1 emballage de muffin, 2 barquettes de sushis et 1 emballage de Playmobil recyclable. J’aurais pu éviter les barquettes de sushis en prévoyant des sandwichs à l’hôtel à partir du buffet, mais ce que j’avais pris ne fut pas suffisant. Parce que marcher près de 11 km par jour, ça met en appétit une petite fille de 5 ans. C’est ça aussi voyager, vivre et laisser vivre.

Voyager zéro déchet avec un enfant

Ma fille avait deux objectifs : le Musée canadien de l’Histoire avec la section du musée des enfants et le Musée canadien de la nature; et pour ma part, j’en avais un seul, visiter NU Grocery, la première épicerie zéro déchet d’Ottawa, ouverte il y a 6 mois.

Le musée canadien de la nature était d’ailleurs le but premier du voyage pour découvrir la section des squelettes de dinosaures. Ma fille est très intéressée par les dinosaures depuis plus d’un an et c’était une belle occasion de découvrir de nouveaux squelettes, dont un élasmosaure (photo ci-dessous). Nous avons donc élaboré ensemble notre itinéraire. En planifiant, j’ai pu limiter les aller-retour en transports en commun en ville et les grandes marches.

Ottawa : Musée canadien de la nature - Squelette d'Élasmosaurus

Elle m’a d’ailleurs surprise de marcher autant, sans jamais trouver ça long. Et elle n’a jamais demandé à ce que je porte son sac. Un bel entrainement pour le programme des vacances estivales.

Ottawa Zéro Déchet : Musée canadien de la nature

D’ailleurs, j’ai eu une belle surprise au Musée canadien de la nature. La galerie de l’eau présente un bel échantillonnage des déchets plastiques ramassés dans un filet de pêche.

Ce n’est pas grand chose, mais cela permet à un enfant de visualiser concrètement ce qu’il se passe si un plastique est jeté par terre. Une petite prise de conscience de plus et concrète pour ma fille.

Mais surtout en planifiant bien les collations et avec l’aide d’un petit kit zéro déchet, il est très facile de voyager zéro déchet avec des enfants. D’autant plus, que nous avons visité l’épicerie Nü Grocery, une épicerie zéro déchet à Ottawa. Nous avons pu faire un approvisionnement de collations pour le voyage de retour en train.

Bref, un voyage zéro déchet avec des bagages minimalistes est tout à fait envisageable, même avec un enfant. Bien évidemment, si elle avait été encore en couches, cela m’aurait peut-être demandé un plus gros sac à dos. Changer ses habitudes demande un peu d’adaptation, un peu plus d’organisation. Dans ce cas, comme c’était la première fois que je partais en essayant d’observer et de limiter ma production de déchets en voyage, cela m’a demandé un peu plus de planification. Mais pas pour autant non plus. En effet, je suis partie sur un coup de tête et me suis décidée 48 heures avant le départ. On ne parle pas d’une grande planification ici.

J’ai peut-être aussi trouvé cela plus facile parce que nos habitudes zéro déchet sont désormais bien ancrées dans notre quotidien. Évidemment que cela est un facteur-aidant. Pourtant, cela est bien réalisable, même avec des enfants.

Enfin, j’aurais aussi envie de vous dire de ne pas oublier de profiter et de laisser vivre. En voyage, nous ne sommes pas chez nous. Il faut accepter de s’adapter. À ce sujet, je vous recommande fortement le récit de voyage de Laurence, des Cocos écolos, à Paris. Tout ne sera jamais parfait, et c’est peut-être bien ainsi. L’idée c’est de se respecter, même en voyage, tout en respectant le lieu qui nous accueille et surtout, de profiter du moment.

Ce fut une très belle aventure et nous avons rapporté de beaux souvenirs maman-fille. De votre côté, avez-vous testé le voyager en mode zéro déchet ou presque avec des enfants? Quelles sont vos meilleures astuces? N’hésitez pas à les partager en commentaires.

Guide pour découvrir Ottawa en mode zéro déchet

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