Se lancer dans un mode de vie tourné vers le zéro déchet – ou du moins chez nous, vers la réduction des déchets – c’est se lancer de nouveaux petits défis au quotidien. Les blogueurs-blogueuses qui partagent leurs expériences sur la toile, font quasiment tous état de leur succès, découvertes et réussites.

Toutes ces réussites sont stimulantes à lire et bien motivantes. Mais parce que je suis aussi un être humain, j’ai aussi envie de  vous dire que non, ce n’est pas toujours simple et que parfois dans nos vies, on se donne peut-être trop défis ou d’implications? Avouons-le, toute transition, tout nouveau défi ne se construit pas que sur des succès. On se construit aussi sur des échecs et des défaites, plus ou moins grandes.

Le mois de mai m’aura appris quelque chose : faire des choix, s’écouter et relativiser ses priorités. Alors oui, ce mois de mai, j’ai pu faire quelques courses avec moins assemblages, mais la faute à un trop plein dans ma vie et bien, les courses, les repas ont pris le bord dans ma liste de priorité. Un pré-signe de je ne vais pas bien a commencé à poindre, mais je l’ai ignoré, tout simplement, parce que je pensais que cela passerait. Je fais beaucoup trop de choses en dehors de mes vies de maman-blonde et celle de jeune-professionnelle-organisée : je blogue, je fais de la photo pour des amis, je suis présidente de mon club photo, je bricole, j’essaie de réduire mes déchets… mais, j’ai quelque peu oublié de penser à moi, juste un tout petit peu à moi. Et il y a ce jour, où j’ai pleuré parce que mon chéri me disait que ma couture n’était pas droite… J’avais bien senti poindre une frustration en moi d’un je ne sais quoi, mais ce jour-là, je n’ai pas aimé ce que j’ai vu.

Alors ce jour-là, nous avons pris fait des choix pour les jours suivants : nous ne nous prendrions pas la tête avec des repas cuisinés, des courses. Juste l’essentiel et nous ferions livrer les repas. Alors oui, pendant deux semaines, ma poubelle et mon recyclage ont débordé. Mais ma vie avait aussi débordée et oui, il y a eu beaucoup de déchets, mais parfois il faut choisir un combat à la fois pour avancer. Et dans l’immédiat, ce n’était pas celui-ci.

Trois semaines plus tard, je vais mieux, j’ai fait du rangement dans ma vie en dehors de ma famille et de ma job, j’ai décidé de penser enfin à moi. C’est-à-dire faire de la photo pour moi, pour des projets qui me stimulent, faire de la couture et prendre du temps pour être créative… et voilà que tout va mieux. J’ai retrouvé ma patience avec ma fille et mon homme, je me suis juste retrouvée. D’ailleurs, un article a été publié dans cette période par La Presse : Santé mentale: sauver sa tête avec ses mains.

Donc oui, je n’ai pas été bonne en mai dans ma réduction des déchets, mais j’ai appris à être moins exigeante avec moi-même. J’ai redécouvert que les petits gestes comptent, les petits pas aussi, et que ce sont eux qui sont des succès à collectionner. Et quand dans 6 mois, je mettrai bout à bout toutes ces mini(es) réussites, j’aurais fort probablement déjà accompli un grand pas. À croire que le mois de mai aura été un mois de redécouverte de soi pour mieux avancer, comme l’a si bien écrit mon amie Véro.

Je vous laisse sur le merveilleux sourire de fierté de ma fille le jour à j’ai décidé de dessiner ma voix.