Diakofto

Dernier jour de cette escapade montagnarde, il nous fallait redescendre dans la vallée, et vers la mer à Diakofto pour faire le trajet inverse vers Athènes. Deux possibilités s’offraient à nous puisque nous partions seulement en fin d’après-midi : prendre le train pour redescendre ou faire la randonnée de 15 km séparant les deux points.

Étant donné, que le but principal de cette expédition était les gorges du Vouraïkos, situées en aval de Zachlorou et que l’on n’avait pas eu le temps de les admirer en train, c’est à pied que nous nous sommes redirigés vers la civilisation, non pas sans avoir pris un petit déjeuner épique pour Frédé et un problème d’œufs pas cuits…

C’est donc avec de grands au revoir aux habitants du village que nous sommes partis  avec entrain le long de la voie de chemin de fer pour s’attaquer aux gorges. J’avoue qu’heureusement nous avions déjà marché avant, parce la balade n’est pas difficile, mais endurante parce que l’on marche une bonne partie du temps sur le ballast. Le chemin de randonnée passe au-dessus des gorges et on manquerait les ouvrages de la voie.

Les premiers kilomètres sont très faciles, mais entre les kilomètres 8 et 6, le tronçon est à crémaillère et on ne peut marcher sur les traverses, et il n’y a pas de chemin, donc on se fatigue plus vite à marcher sur les pierres. Il faut aussi être plus attentif et tendre l’oreille et avoir bien en tête les horaires de l’Odontotos, le train, pour savoir à peu près quand on le croisera et savoir quand s’arrêter pour le croiser à l’abri. On dira qu’un seul passage n’a pas d’abri, mais comme le train ne passait pas immédiatement, on a pu parcourir les quelques mètres rapidement et sans danger. De plus, dans ces passages à crémaillère, le train passe entre 6 et 15 km/h.

Par endroit, les gorges atteignent près de 80 m de hauteur, soit presque autant, si ce n’est plus parfois que la hauteur du canal de Corinthe. Le Vouraïkos fait un bruit parfois très lourd et renforce la puissance du paysage. La voie a été creusée dans la montagne, parfois juste la hauteur et la largeur nécessaire au passage du train. Plusieurs tunnels traversent la montagne, parsemant le parcours en train (souvent rempli de familles et enfants à cette saison de l’année) de oooooh, aaaaaah, ouuuuuuuh que nous nous sommes faits un plaisir de crier à pied ! Nous, moqueurs ?!! Noooon !

Cependant, faire le chemin à pied est inoubliable car la vue est magnifique dans les gorges encaissées. Avec de bonnes chaussures, je vous le recommande tout de même ; par contre, cette partie est à déconseiller avec des enfants qui se fatigueront vite dans le ballast.

La vue est imprenable et malgré l’absence de sentier en bordure de la voie, la vue est à couper le souffle et cela vaut vraiment le détour. La photo de Benoît en témoigne ! À la borne kilométrique 5, nous avons laissé la voie ferrée pour récupérer un chemin/route en terre. Au final, nous avons un petit détour de 2 km à l’arrivée puisque nous sommes pas arrivés directement dans Diakofto, mais à la sortie.

Dans tous les cas, c’est affamés et ayant bien chaud, que nous sommes arrivés et nous sommes installés à la taverne de chez Kostas pour nous rassasier ! Au final de ces trois jours, une trentaine de kilomètres, bien répartis, ce qui nous a permis de gérer la fatigue (et surtout l’absence d’entrainement pour nous deux) et de superbes paysages, de bonnes tranches de rigolade avec Frédé ! Merci à toi pour ta compagnie ! Donc si vous aimez la marche, cet endroit vous plaira. Par contre, sachez que la région est prisée l’hiver avec la station de ski de Kalavryta et que les chambres doubles payés 25€, sont plus à 60€ en hiver. Pour les passionnés de train, c’est une excellente destination et quelques vieux wagons et l’ancienne locomotive à vapeur du XIXe siècle sont encore en gare de Diakofto.

Et les photos, sont toujours ici.